Trek d’El Choro en autonomie

Arrivés à la Paz, nous nous renseignons sur les trek que nous pouvons faire seuls, sans guide car le sentiment de liberté qu’on ressent lors de nos randonnées en autonomie est très addictif !
Moins d’informations sur les lieux certes, mais nous allons à notre rythme, mangeons ce que nous voulons, quand nous voulons, dormons où bon nous semble et prenons le moyen de transport qui nous chante, le tout bien moins cher qu’avec une agence.

Bref, nous nous renseignons et tombons sur un trek réputé pour être joli, sportif mais agréable, faisable seuls et avec un trajet assez étonnant puisqu’il fait passer de plus de 4600m d’altitude dans la montagne le premier jour à environ 1300m d’altitude dans la jungle le 3ème jour.

Nous partons donc vers 11h du matin, (toujours très matinaux !) avec nos sacs à dos chargés du minimum (nous avons laissé la plupart des affaires dans un autre sac à l’hôtel), après avoir pris le soin d’acheter de quoi manger et boire pour les trois prochains jours (pas d’eau courante dans ces villages).

Nous prenons un combi direction la cumbre et le début de la randonnée, au beau milieu de la campagne de la Paz.
La randonnée commence donc à 4600m, dans la montagne un peu pelée, couverte de neige au sommet, parmi des falaises qui semblent volcaniques.
On passe la première heure à grimper sévère, et il fait froid ! Autour de nous c’est tout gris, très lunaire, le paysage est chouette ! On voit toute la vallée d’en haut, c’est par là que nous descendons, on est avertis, ça va faire mal aux genoux !

On descend par un chemin construit par les Incas, des pavés en pierre. Nous sommes carrément au milieu des nuages donc il fait très humide, comme un bruine qui rend le chemin glissant. Heureusement que nos chaussures tiennent encore la route après 10 mois de voyage !
On croise parfois quelques villageois, à qui on prend plaisir à dire bonjour et échanger des banalités.
Un groupe de personnes âgées à la sortie d’un village, semble surveiller les troupeaux de lamas qui broutent dans l’herbe.

De temps en temps, on passe par de petits villages de maisons construites en pierres avec des toits de paille.
Des enfants travaillent dans un jardin, avec pelles et bêche pour planter des arbres. On s’arrête pour tenter de discuter avec eux et en savoir plus sur leur vie ici, loin de tout.

Après 6 bonnes heures de marche, juste au coucher du soleil, on arrive au « camping » de chalapampa. C’est en fait une famille qui habite à la sortie d’un village un peu plus grand que les autres, au bout d’un pont suspendu assez impressionnant !
Nous mangeons là et nous rencontrons deux françaises avec leur guide.
Nous passons la nuit dans notre petite tente à l’abri de de la pluie.

Le 2ème jour, nous partons tôt pour affronter la journée de marche et les dénivelés qui nous attendent. On constate vite le changement de végétation, il fait hyper chaud et on marche dans une forêt dense.
On passe par plein de ponts suspendus, on adore, même si c’est pas toujours très rassurant !
L’un d’entre eux et carrément cassé mais on prend notre courage à deux mains pour passer dessus.
On se prend un peu pour tomb raider c’est marrant !
Une fois le pont passé, on se retourne et on voit le guide avec les deux françaises qui passent par la rivière pour éviter le pont, oups…!

 

 

 

À un moment, on croise deux mules qui broutent tranquillement. Un peu après, on tombe sur leur propriétaire qui les cherche partout !
On lui dit qu’on les a croisées et dans la discussion il nous raconte une histoire complètement improbable !
Un jaguar rôdait dans le coin et tuait les mules pour les manger.
Les habitants du coin commençaient à en avoir marre et un peu peur aussi (!), alors ils ont monté un stratagème pour réussir à le tuer !
Ils ont empoisonné une de ses proies, attendu qu’il meure et ils ont ensuite fouillé la forêt pour le trouver et le manger, eux qui vivent loin de tout, avec très peu de moyens, c’était un festin !

Un peu choqués par cette histoire improbable, nous continuons notre route.
Ça grimpe sévère, c’est fatiguant mais c’est un challenge, et on adore être dans cet environnement, la jungle hyper vallonnée, il y a de superbes vues. De temps en temps, on croise des cours de eau, comme des petites cascades, on boit dedans avec notre paille qui filtre l’eau et on en profite pour se débarbouiller. Dans la chaleur et la moiteur, on dégouline un peu !
Ce sentiment de proximité avec la nature, dans un milieu aussi reculé, où nous devons rationner un peu l’eau pour économiser nos dos et nos forces est enivrant. Nous dépendons de ces cours d’eau que nous croisons.
Alors c’est toujours une joie d’en trouver un , surtout que c’est l’occasion pour nous de faire une petite pause pour recharger les batteries.

Après une bonne heure finale de grimpette on arrive au « camping » de Bella Vista, où nous discutons avec Francisco, l’homme qui vit là, seul. C’est le frère de la dame que nous avons croisé dans le camping précédent, sur la colline d’en face.
Par chance il vend des bières dans sa petite échoppe alors nous en buvons une face à la vue, après cette journée épuisante.
Il est sympathique et très réservé. On tente d’en savoir un peu plus sur sa vie ici, tellement, tellement loin de tout !
Le village le plus proche est à une journée de marche. Il vit de ce qu’il a planté sur son terrain, de ses poulets.
Lui coupe du bois et le transporte jusqu’au village le plus proche. Et gagne un peu d’argent grâce aux touristes, qu’il accueille sur son terrain.
Nous lui posons des questions sur les camps de mineurs désertés que nous avons croisés en chemin. Des personnes viennent y travailler de temps en temps.
On lui fait part de l’histoire du Jaguar et il prend plaisir à nous raconter tout de la faune qui habite ici. Jaguar, énormes serpent et autres insectes, il est servi !
Cette rencontre tout en pudeur nous a beaucoup touchée.

Après une bonne nuit de sommeil, à flipper un peu en allant faire pipi la nuit à cause de toutes ces histoires de jaguar et de serpent (!), nous repartons vers 9h pour finir ce trek.

Nous avons un bon rythme mais 2h après le départ nous sommes pris d’un élan de flemme. Nous nous posons pour un goûter et un café au joli « village » de sandillani où un Japonais à élu résidence et a construit un joli jardin japonais.

Après cette petite pause, on se motive pour finir les derniers kilomètres.
Nous savons que les transports au village sont chers et qu’une fois arrivés là bas, il nous restera 7km pour arriver à un autre village où il y a des transports jusqu’à la ville la plus proche, Coroico.
On essaye de se motiver pour tout ça, en allant vite vite pour arriver tôt.
On se sent plus, on coupe par des « raccourcis » souvent douteux, sans vraiment savoir où ils mènent.
Ça ‘ous réussissait bien jusqu’à ce que ça ne nous réussisse plus du tout…!
On en prend un de trop qui nous fait descendre à pic vers la rivière. Nous doutons chacun de notre côté, sans oser l’avouer et surtout, descendre à pic pendant aussi longtemps passé encore mais alors le remonter, dans la boue glissante, impossible, on continue !

Au bout d’un bonne vingtaine de minutes à sa suspendre aux lianes et à descendre sur les fesses on arrive au bord de la rivière où on voit des femmes. Elles travaillent là, et font exactement le même chemin que nous pour y arriver… En d’autres termes, nous devons faire demi tour et tout remonter.
Dans ce genre de moment on évite de penser et on rassemble nos dernières forces pour se sortir de là…
Inutile de vous dire que nous avons eu besoin de beaucoup de courage pour parvenir à grimper cette pente complètement folle, avec 3 jours de trek et près de 40km dans les pattes.
Une leçon de vie…!

Du coup, une fois arrivés à, nous avons abandonné l’idée de marcher jusqu’au gros village et avons décidé de partager un taxi avec le guide et les deux françaises croisées au début du trek. Par chance elles n’étaient pas parties lorsque nous sommes arrives, recouverts de terre et de sueur.

Nous avons bien mérité l’énorme repas au mexicain et les mojitos que nous avons savourés à notre retour à la Paz.

Nous avons adoré ce trek pour la diversité des paysages, les situations de vie improbables qu’on a pu rencontrer et les histoires qui nous semblent tellement à des millions de kilomètres de notre petite vie française, pour le côté très sportif puisqu’on a quand même marché près de 60km en 3 jours, et puis parce qu’on a s’est mis dans des situations de dépassement qu’on avait rarement connu dans notre vie.

 

Infos:

Minivan Villa fatima (le quartier de la paz ou y’a tous les bus)-La cumbre 40bob à 2

Premiere nuit à chalapampa pour 30 bob à 2

Deuxieme nuit a bella vista pour 20bob à 2

Chairo en taxi jusqu’a Coroico pour 50bob a 2 puis minivan jusqu’a la Paz pour 40bob(+2 pour les taxes de gare de bus) à 2.

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