Sucre – la Bolivie sans filtre

Novembre 2017

Nous arrivons à Sucre en sachant que nous y retrouverons Marine, une française rencontrée pendant le tour vers Uyuni, avec qui on s’est super bien entendus.

On se trouve un hôtel pas terrible mais pas très cher et en centre ville.

Sucre (prononcer Soucré) était un temps la capitale de la Bolivie et nommée après l’un des généraux qui se sont battus pour l’indépendance de la Bolivie. C’est une ville toute blanche, un peu plus occidentale que sa voisine Potosi.

Nous flanons dans la ville tranquillement, au marché qui grouille, coloré et odorant, à travers les ruelles coloniales et la grande place des armes.

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Avec Marine, nous décidons de partir 2 jours en autonomie vers le cratère de Maragua, une randonnée de 6h par jour avec une nuit dans un village isolé dans ce cratère.

Partir sans guide nécessite beaucoup plus d’organisation, on a bien hésite pour cette fois mais nous sommes motivés. Nous avons envie de liberté.

Première étape, trouver un moyen de rejoindre le village de Chataquilla d’où part le chemin de randonnée, une ancienne route utilisée par les Incas.

Pas facile, personne n’y va alors les bus sont un peu chers, attrapes touristes ! À force de chercher, et partageant le goût de l’aventure on décide de monter dans un camion qui transporte des locaux, tous entassés. Hommes, femmes et enfants avec leurs tresses et leurs chapeaux, leurs jupons et leurs ponchos, leurs sacs de céréales et autres victuailles.

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Il sont un peu étonnés de nous voir là, alors on papote et on papote. On se croirait dans un documentaire d’Arte, assis recroquevillés sur la paroi du camion qui bouge à la moindre bosse, avec un bébé à moitié sur nos genoux, à goûter les spécialités que tout le monde nous tend.
Voilà pourquoi on voyage, on pense en chœur. Pour se sentir vivant, pour se sentir ailleurs. Pour expérimenter ce que jamais nous n’aurions fait chez nous.
Tout d’un coup le camion s’arrête et 4 femmes escaladent les parois en criant pour nous vendre tout et rien. « Chicharrones chicharrones chicharrones ! ». Une frénésie qui te remplit d’excitation !

À travers les lattes en bois du camion, on aperçoit le paysage, des falaises ocre et rocailleuses. On a hâte !

Après une bonne heure entre les lacets, à discuter avec nos compagnons de voyage, il est temps de descendre pour commencer notre randonnée.

Nous marchons en descente une bonne partie de la journée, entre des falaises découpées, un paysage volcanique et des roches de toutes les couleurs. Du vert, du noir du rouge et parfois du jaune. Selon les métaux présents dans la roche. Impressionnant.

Nous papotons de tout et de rien avec Marine, qui est expatriée à Los Angeles et qui s’est fait violence pour y faire sa place.
Nous nous perdons aussi et traversons une rivière en sautant sur des rochers puis faisons demi tour car ce n’était pas la bonne direction. Une bonne rigolade !

Après ça nous montons dur pour arriver épuisés après 6h de marche au charmant village de Maragua, où nous sommes accueillis par une habitante, d’une gentillesse et d’un calme qui font du bien après cette journée fatiguante.

Elle nous parle timidement de sa vie ici puis nous nous couchons après avoir picoré son repas simple, frites riz et oeuf.
Comment faire plus élaboré dans un village si éloigné de tout ?

Après une bonne nuit dans une jolie petite maisonnette, à 3 dans la même chambre comme de vieux copains, nous partons pour le village de Potollo, où nous trouverons un bus pour nous ramener à Sucre.

Cette deuxième journée est encore plus éreintante que la veille !
Ça monte sévère sous un soleil de plomb !
Nous passons par de pittoresques villages, guidés par notre gps. Nous croisons des enfants qui marchent vers l’école qui s’approchent de nous pour nous demander à manger.
Touchés nous donnons à cette petite fille seule quelques poignées de céréales.

Les paysages sont vraiment impressionnants, entre falaises grignottées, comme surgies brusquement devant nous, les zébrures colorées, chemins de terre et la végétation.
Nous passons par un village où une dame en tenue traditionnelle nous emmène contre quelques bolivianos admirer les traces de pas de dinosaures. Les traces sont figées dans la roche, et on devine la taille de l’animal en comparant le pas avec le notre. On se sent très petits, c’est impressionnant !

Comment le temps à ou conserver si bien la trace de leur passage, c’est une question qui nous laisse imaginatifs…!

Nous nous arrêtons à mi chemin pour manger notre éternel sandwich tomate thon et nous arrivons en fin d’aprem, sous la pluie mais protégés de nos kway dans le village de Potollo, tout vide et sans âme, où nous attendrons un bon moment pour attraper un bus qui nous ramènera à Sucre.

Et là, alors que nous sommes bien fatigués mais pas peu fiers d’avoir crapahuté pas moins de 36km en 2 jours, à plus de 3000m d’altitude, que nous voulons juste rentrer au chaud avec un bon repas, il nous arrive la chose la plus improbable…

Nous réussissons à trouver un minibus après pas mal de demandes, celui ci part à l’opposé de la où nous voulons aller mais ce n’est qu’un détail…!

Nous passons par une maisonnette du village. On attend. Un peu. Un peu plus encore. Encore et encore. Jusqu’à ce que surprise, un homme et une femme sortent une dizaine de chèvres de leur jardin, les choper une par une pour les ficeler sur le toit. Oui oui. Des chèvres ! Les pauvres on les entendaient béler de panique. Au total ils en ont mis 11 sur le toit et deux dans le bus, avec nous. C’était interminable !

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Passé l’étonnement, l’impatience et l’agacement, on a été pris de fou rires tous les trois alors que tout le monde trouvait ça on ne peut plus normal…!

Les pauvres chèvres ont passé plus de 2h sur le toit de notre minibus. On z’yeutait de temps en temps pour voir si y’en avait pas une qui s’était fait la malle…

Épique !

Bref, une bien belle randonnée dans la campagne de Sucre, à la rencontre de villageois isolés, difficile de croire que des gens puissent vivre si loin de tout, aux milieu de tels paysages ! Une marche pas facile mais on a beaucoup aimé et absolument pas regretté de l’avoir fait sans guide !

Avant de partir pour Cochabamba, nous nous faisons un bon petit resto Argentin avec Marine puis un méga brunch le lendemain matin.

On a passé de supers moments tous les trois mais nos chemins se séparent…

Une réflexion au sujet de « Sucre – la Bolivie sans filtre »

  1. Salut les globe-trotteurs,

    Super!!! Je viens de lire votre article…

    Je m’en souviens parfaitement de ce moment extraordinaire, où je vous ai eu au téléphone j’attendais le bus de Remy à Ramonville

    et j’ai vécu en direct en votre compagnie un moment d’éclats de rires…

    je vous embrasse Maman

    J'aime

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