Trois jours à Rapa Nui (Île de Pâques)

Pour nous rendre au Chili depuis la Polynésie, l’agence avec qui nous avons pris nos principaux billets d’avion nous avait proposé une escale à l’île de Pâques. Nous avons bien sûr accepté !
C’est comme ça que nous avons eu la chance de passer 3 jours dans cette île mystique que nous n’avions pourtant pas prévu de visiter !
Nous partons donc à 3h du matin après avoir passé deux jours chez tonton Jacques et tatie Juliette à Tahiti. L’avion le plus pénible du voyage ! Départ improbable à 3h du matin, arrivée à 13h avec 5h de décalage horaire, pas facile de profiter du premier jour sur cette courte escale !
Une fois débarqué, on se rend compte qu’une personne du camping qu’on a reservé est venue nous chercher avec des colliers de fleurs ! On est tout contents de ne pas avoir à marcher et d’être si bien accueillis !

Au fond de nous, on se dit que cet accueil n’était peut être pas pour nous, qui avions seulement réservé une tente !
Arrivés au camping, elle nous montre la chambre et c’est comme ça qu’on se rend compte que les deux personnes qui devraient porter nos colliers de fleurs sont toujours à l’aéroport…!

On rencontre finalement ce couple, pas rancuniers 😉 Dauphine et Jonathan, avec qui nous passerons le séjour !
Après avoir déjeuné, nous partons tous les quatre retirer de l’argent et nous promener dans la seule ville de l’île, Hanga Roa. C’est une ville avec une ambiance sympathique, animée, entourée de falaises de lave noire qui contraste avec le bleu de la mer, très joli. Nous passons devant le très petit port de l’île où nous croisons quelques moais. Nous nous rendons compte par nos propres yeux de leur taille imposante…!

Le deuxième jour, nous partons nous promener à pied dans le sud ouest de l’île, vers l’un des nombreux cratères. Sur le chemin, on a l’occasion d’admirer un panorama sur la ville et les falaises, on se rend compte de la beauté de l’île qui est couverte d’une herbe plutôt sèche, un manteau doré.

Le cratère est immense et rempli d’eau, c’est un des derniers refuge pour les plantes endémiques de l’île. La vue est franchement magnifique !

On fait le tour du cratère puis on se rend dans l’ancien village d’Orongo, qui était du 16ème au 19ème siècle un village religieux lié au culte de l’homme oiseau.  A partir du 16ème siècle, le culte des ancêtres représenté par les fameux moais a été remplacé par le culte de l’homme oiseau. La société pascuane était divisée en différents clans, dont les chefs s’affrontaient au printemps dans une sorte de compétition: il s’agissait d’atteindre à la nage un îlot au large du village, d’attendre la ponte de l’oiseau, considéré comme sacré et de parvenir à rapporter un oeuf le premier.

Durant les semaines que pouvaient durer la compétition, les gens vivaient au village dans des maisons construites par des pierres empilées horizontalement, dans lesquelles on ne pouvait entrer qu’en rampant. Elles étaient un bon abris contre le vent, la pluie et la fraicheur.

Nous avons trouvé cette religion impressionnante, comparable à la loi du plus fort mais empreinte d’une spiritualité en quelque sorte animiste, où l’oiseau sacré aurait choisi une personne. On s’est amusé à imaginer la société dans laquelle vivraient ces gens si l’essor du christianisme n’avait pas réduit à néant ces croyances alternatives.

Après cette étape culturelle très intéressante, nous avons longé la côte, passant devant des moais au sol ou alors redréssés et rénovés.

On a également pu voir des chevaux en liberté brouter cette herbe dorée, face à l’océan qui tape contre les falaises.

Gabrielle est restée admirer le soleil qui se couchait derrière les moais, peu coloré mais quand même sympa !

Le troisième jour, nous avons loué une voiture avec Dauphine et Jonathan, pour faire le tour de l’île et tenter d’en savoir plus sur le mystère planétaire entourant les moais.
Nous avons commencé par nous arrêter à des sites archéologiques où se trouvent de nombreux moais renversés, la tête dans le sable. Ce spectacle est un peu triste, comme une insulte à ce que représentait le moai. Très peu d’informations sont données. Nous n’avons même pas su qui avait renversé ces moais et pourquoi, ni de quoi ils étaient composés et dans quel but.

Après recherche, ces moais ont en fait été renversés avant l’arrivée des colons par des guerres de clans ou des évènements météorologiques. Il existe beaucoup de théories et plus beaucoup de personnes pour confirmer ou infirmer tout ça.

Ensuite, nous nous sommes rendus au célèbre lieu de fabrication des moais. De loin, on aperçoit déjà la gigantesque montagne découpée qui s’impose devant nous, parsemée de moais immergés dans son flan, et une herbe verte, presque fluorescente. Magnifique et on a hâte de visiter ce site !
Les moais ont donc été découpés à même la roche de la montagne qui est en fait un volcan. Rien ne dit avec quoi ni comment ils ont pu extraire ces géants de la roche.

Tout un parcours nous fait déambuler entre ces colosses parfois immergés jusqu’au nez, c’est impressionnant d’être entourés de ces statutes, comme un retour à une époque lointaine. Certaines sont encore très bien conservées et on se rend compte qu’elles peuvent avoir de très différents visages, représenter différents chef de différentes tribus ?

Seulement le strict minimum, très descriptif, est raconté avant la visite du site alors nos questions resteront sans réponses !
On a pu aller jusqu’à cratère du volcan, lui aussi rempli d’eau. Des chevaux broutent près de l’eau et une douzaine de Moais sont encore étalés ici et là, enterrés ou allongés dans l’herbe. La vue depuis le volcan est magnifique, la terre beaucoup plus ocre, un paysage un peu iréel.

Ensuite on se rend au site qui représente bien souvent l’île de Pâques, Tongariki, une rangée de 15 moais tous debout dont les corps de pierre grise contrastent avec l’herbe verte . On pouvait déjà les apercevoir depuis le volcan, mais à mesure qu’on se rapproche on voit à quel point ils sont imposants comparé aux personnes qui les regardent, qui sont minuscules face à eux.

Ce site est assez exceptionnel, il y règne une ambiance un peu mystérieuse et on sent comme le poids du regard des ancêtres, et la force qu’il a fallu pour extraire ces géants, les faire parvenir sur ce site, les ériger et les coiffer de leur chapeau qui fait à peine 10 tonnes.

Ils sont très différents les uns des autres, une bedaine, un long nez fin, un front large ou une machoire prognathe. On se sent comme observés par des personnes qui devaient autrefois avoir un pouvoir qui nous dépasse.
On pique nique en leur compagnie (et celle d’un petit chiot plein de puces très mignon !) puis on se remet en route vers la plage d’Anakena.

En chemin, on s’arrête devant les falaises qui tombent à pic, et ramasser de l’obsidienne, une pierre volcanique bien jolie !
Anakena est la plage où ont débarqué les premiers colons de l’île de Pâques, les polynésiens vers les années 1200. Entre la dune de sable blanc et l’eau turquoise se trouve une rangée de moais qui ont l’air bien plus récents. Toujours aucune indication n’est donnée sur le pourquoi du comment alors on y va de nos hypothèses.

La plage est magnifique, ça ravive les souvenirs de la Polynésie…!

La journée est finie, nous passons par Aju aviki avant de rentrer par le centre de l’île, très différent de la côte dorée et vallonnée. On passe dans la forêt, on aperçoit les habitations des locaux, et encore des chevaux et vaches en liberté.

Nous retournons voir le coucher de soleil à Tahai mais le ciel est trop voilé pour que ce soit joli, tant pis pour nous !

Pour notre dernier jour, nous nous levons pour aller voir le lever du soleil au pied des colosses de Tongariki. Nous voyons au loin, alors que nous sommes sur la route, les nuages se colorer de rose. Mais les nuages sont trop nombreux alors nous n’avons pas plus de chance que pour le coucher du soleil. C’est un flop !

Nous nous rabattons sur la visite du site d’où on été extrait les coiffes des moais, avec toujours peu d’informations mais quand même deux hypothèses sur la façon dont auraient été posés les coiffes. Soit roulées sur une énorme pile de cailloux jusqu’au sommet de la tête du moai qui attendait debout. Soit le chapeau était posé sur le moai au sol et les deux étaient redréssés en même temps. On imagine quand même là force qui était nécessaire !
Pour finir, nous tentons de visiter une grotte sans davantage d’informations, ce qui nous a un peu lassés alors on a vite abandonné !

Voilà pour l’île de Pâques, une étape sympathique mais qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable. La beauté de l’île est ce qu’on a préféré, se balader dans ces paysages magnifiques et l’histoire fascinante de ses moais impressionnants empreints d’un grand mystère nous a plu !

Par contre, c’est une île où on ressent quand même beaucoup le tourisme et les locaux sont très peu accueillants. On a aussi regretté le prix excessivement cher de l’accès au parc (80$) mais surtout l’absence totale d’informations sur la culture Rapa Nui, le manque de désir de partager les mystères qui entourent le culte des ancêtres. En fait on a eu l’impression que cette impasse était faite pour « obliger » à prendre un guide, ou à payer l’entrée au musée (on ne sait même pas s’il contient plus d’informations…).

Toutes les informations que nous avons eues sont issues de longues recherches sur internet et après coup nous avons trouvé ça passionnant, surtout après avoir visité à la fois la Polynésie et le Pérou, où on a pu faire pas mal de rapprochements et développer notre propre idée et nos propres hypothèses…!

Gabrielle a trouvé passionnant de réfléchir à tout ça et a commencé à se poser beaucoup (trop ?) de questions.

Si ça vous intéresse, voilà ce qu’il en ressort. Sinon passez les prochains paragraphes 😉

La théorie la plus largement acceptée est que l’île de Pâques à été peuplée entre 400 et 1200 (incroyablement approximatif !) par des polynésiens venus des Marquises. Le roi serait venu avec 6 de ses fils, sa femme et une centaine d’autres personnes. L’histoire s’arrête à peu près là de façon plus ou moins officielle mais d’autres personnes ont émis l’hypothèse que l’île ait été peuplée vers 1460 (soit 300 avant l’arrivée des colons) par les Incas.

En effet, il y a beaucoup de similitudes entre les ouvrages trouvés sur l’île (moais, pétroglyphes et autres constructions de pierre) et ceux de l’Empire Inca. Certains murs sont construits de la même façon par exemple. De plus, le physique des moais ressemble beaucoup à celui des andins (carrure trapue, forme du visage et lobes allongés…).

Il y aussi des traces de présence de plantes originaires de l’Amérique du Sud non présentes en Polynésie (maïs, patate douce), des similitudes dans la langue et dans la représentation d’animaux qui viennent de l’Amérique du Sud (singes, condors, pumas…).

La tradition orale relate que l’île était peuplée par deux clans: les grandes (incas) et petites (polynésiens) oreilles, où les petites oreilles auraient été assujettis par les grandes oreilles qui les auraient forcés à fabriquer ces moais. Au final, les polynésiens se seraient rebellés et auraient exterminés tous les Incas qui de plus seraient venus sur l’île avec très peu de femmes. C’est pour cette raison que les spécialistes ont trouvé une trace très ancienne d’ADN sud américain chez les descendants de l’île de Pâques.

À l’arrivée des colons, il ne restait donc plus que des polynésiens décimés ensuite par les maladies européennes puis par l’esclavage (beaucoup de pascuans furent emmenés comme esclaves pour les mines du Pérou). Au final, il ne restait plus que 111 pascuans et plus personne pour déchiffrer l’écriture pascuane et relater l’histoire de l’île de façon certaine.

Pour des informations plus détaillées :

– Le site du plus fervent défenseur de la théorie de l’empreinte Inca à l’île de Pâques : http://www.jeanhervedaude.com

– Un article résumé sur la revue Géo : les derniers secrets de l’île de Pâques – Mai 2017.

En tout cas, la visite de cette île à été un beau trait d’union pour nous entre la Polynésie et l’Amérique du Sud !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.