Kharkhorin – 4 jours à cheval !

Juillet 2017

Après notre séjour dans le Khentii, à l’Est d’Oulan Bator, et après avoir appris à monter à cheval pour quelques heures, nous avons eu envie d’expérimenter la vie nomade mongole à cheval. Nous avions l’impression que faire un trek à cheval de plusieurs jours était compliqué sans avoir réservé des mois à l’avance. Mais en cherchant sur internet, nous avons vu qu’il était possible de réserver au dernier moment au départ de la ville de Kharkhorin.

Après de chaleureux aurevoir à Chimke, Idre et Ana, tous les autres n’étant pas là le jour où nous partons, Oggy nous dépose au bus.

« Guys, maybe I miss you » un dernier merci et une bise à Oggy qui nous manquera certainement.

Un trajet de bus interminable pour rentrer à Ulan Batoor, à cause de gros bouchons oui oui, même en Mongolie, et nous arrivons vers 22h dans l’appartement de notre hôte couch surfing. 

Le lendemain, nous prenons un bus pour Kharkhorin, une petit ville à l’ouest d’Ulan bator, qui se trouve en plein cœur de la steppe mongole, mais une steppe bien plus verte et touristique que ce que nous avons connu à Tsenkhermendal.
À l’arrêt de bus, la personne de notre auberge vient nous chercher. Nous dormirons dans une yourte spéciale pour les touristes.

Nous partons immédiatement réserver pour un trek a cheval de 4 jours. Nous ne souhaitons pas visiter de points d’intérêts mais plutôt simplement nous balader à cheval, seuls avec notre guide dans les vastes plaines mongoles.

Le lendemain, nous rencontrons Moggi, notre jeune guide qui a l’air très sympathique. On nous présente les chevaux, l’un d’entre eux est très peureux et l’autre obéit bien à Wissam mais pas du tout à Gabrielle qui a encore besoin de prendre confiance suite a sa mauvaise expérience à Tsenkhermendal. Cheval peureux et cavalière peureuse ne font pas bon ménage et passer 4 jours avec un cheval qui a déjà compris que sa cavalière ne le dominerait pas n’est pas une bonne idée alors Gabrielle a finit par prendre le cheval de bas, celui qui devait normalement porter les bagages…!

Comme nous avons vraiment le strict minimum d’affaires, nous n’avons pas besoin de cheval de bas ça fera l’affaire !
Pour ce premier jour, nous avons quitté la ville à cheval, en direction d’une famille nomade qui nous hébergera le soir. Le cheval de Gabrielle est extrêmement têtu, mais petit à petit il commence à l’écouter (quand il veut, faut pas exagérer non plus !).

Wissam et Moggy sont devant, Gabrielle à leur fesses (littéralement, c’est un cheval de bas donc il suit le museau dans les fesses de l’autre…!).

On fait connaissance avec Moggy qui a 19 ans, étudie à Ulan Batoor pour être  professeur et travaille l’été en tant que guide. Il est très souriant et soucieux de nous, on apprécie déjà de passer du temps avec lui !

Faire du cheval dans un paysage sans aucune limite nous donne un sentiment de liberté incroyable, et on comprend facilement pourquoi les Mongols sont si attachés à ce mode de transport.
Après 3h de cheval et déjà quelques galops, nous arrivons chez Nara , un homme d’une quarantaine d’années qui vit dans une yourte avec ses 3 enfants et sa femme. A coté de sa yourte se trouvent deux autres yourtes, celles de sa sœur et de ses parents.

Nous mangeons le repas que nous avait préparé l’agence du trek et la famille nous offre du yaourt séché et du lait de jument fermenté, kumis en mongole, dont Moggy raffole !

Ça a le goût de yaourt un peu passé, un peu piquant (voire pétillant) et c’est légèrement alcoolisé.

Moggy en boit des bols entiers ! Tellement qu’après le repas, il est un peu assomé !

En début d’après midi, nous repartons à cheval pour les faire boire à la rivière et leur dégourdir les jambes.

En rentrant, nous faisons une partie de volley avec les jeunes de la famille et assistons à la traite des vaches, et même des juments !

C’est impressionnant de voir comment ils procèdent. Ils attachent les poulains à une corde toute la journée et au moment de la traite (toutes les 2h) font venir leur mère. Le petit tête un peu, et puis la nièce vient traire la jument pendant que le grand père tient le poulain. Nous ne savions même pas qu’une jument avait des pis…!

On aime bien regarder la traite et la dextérité avec laquelle ils exécutent cette tâche.

Au coucher du soleil, nous attachons nos chevaux à une corde, elle même attachée à piquet qu’on enterre. Les chevaux ont aussi des liens aux pattes pour ne pas qu’ils s’échappent.

Pour le repas, nous mangeons de l’agneau cuit dans une grande casserole, avec des pierres, sur un poêle qui est sorti de la yourte pour l’été. On sait que la viande provient d’un des boucs qu’on voit gambader autour de la yourte… Elle est on ne peut plus fraîche…!

Après manger, toute la famille entoure le bétail, sans trop comprendre ce qu’il se passe nous nous joignons à eux. Il fait nuit et nous y voyons à peine…!

Tout le monde (y compris le petit bonhomme de 2 ans), se met à crier des « ouch » et autres sons pour faire fuir les chèvres et moutons vers l’enclos. Ils laissent s’échapper certains d’entre eux qui courent en ligne vers l’extérieur de la ronde. On comprend rien mais on ne rate pas une miette de cette danse.

Petit à petit, il ne reste plus que les plus jeunes chèvres et on comprend enfin qu’ils ont fait ça pour garder dans l’enclos les chevreaux dans le but de traire les chèvres le lendemain.

Ils relachent ensuite les veaux et les poulains pour qu’ils passent la nuit avec leur mère. On se marre à observer le plus petit de la famille, qui courre avec détermination derrière les vaches 20 fois plus grosses que lui en hurlant, alors qu’il marche à peine…!

Une fois ce travail effectué, tout le monde se couche. Les deux grands enfants dorment dans le même lit, et les parents avec le petit dernier dans un autre. Nous dormons par terre avec Moggy, sur des tapis.

Le deuxième jour, Moggy nous dit qu’un petit festival du Naadam a lieu près de là. Nadaam est une fête nationale mongole qui a lieu tous les ans en Juillet, où les Mongols s’affrontent en tir à l’arc, course à cheval et lutte. Ils mettent leur plus beaux habits traditionnels pour l’occasion. Le petit Naadam qui a lieu où nous nous trouvons est comme un entraînement à celui de Kharkhorin qui a lieu 4 jours plus tard. Nous avons bien envie d’y participer, même si ça nous fait arriver tard à la prochaine étape.

Le matin, on observe les deux jeunes cousins préparer leurs chevaux, les brosser et leur faire des tresses de ruban sur la queue et la crinière. Il y mettent beaucoup d’application !

On les regarde monter leurs chevaux et tracer dans les plaines à toute vitesse. Ils ont 9 et 11 ans et montent avec tellement d’aise… On paraît bien ridicules à côté quand on demande à nos chevaux d’avancer et qu’ils restent sans bouger, tranquilles…!

On aide aussi à brasser le lait de jument tout juste récolté et mis dans un gros tonneau, enterré derrière la yourte. Il sera laissé la quelques temps avant d’être bu.

L’après midi, nous rejoignons le lieu du mini nadaam en une grosse demi heure de cheval. Là, l’herbe est beaucoup plus verte, presque fluo et on voit au loin les montagnes boisées.

Plusieurs Mongols, tous des hommes, sont assis, habillés de leur der, manteau traditionnel mongol. Ils discutent et cherchent des yeux la course de cheval qui est sur le retour. À leur ceinture, le nécessaire pour entretenir leurs chevaux.

Nara est présent, deux de ses chevaux participent à la course avec son fils et son neveu.

Soudain, on distingue des trainées de poussière, les chevaux arrivent au galop dans notre direction. On parvient peu à peu à distinguer les enfants qui sont dessus, et certains n’ont même pas de selle ! C’est franchement impressionnant de voir ces enfants de 6 à 12 ans au grand galop, crier pour encourager leurs chevaux en sueur, avec leurs fouets parfois sans selle ni bottes…! Certain enfants paraissent vraiment très jeunes !

Nous avons tellement été impressionnés que nous avons voulu attendre le prochain départ et surtout la prochaine arrivée 1h après, sous le soleil de plomb.

Les enfants partent au trot et au pas jusqu’au point de départ et font la course sur le retour.

Après avoir bien profité de ce chouette moment, nous nous mettons en route pour 4h de cheval vers notre prochaine étape, au cœur de la vallée. Les paysage de ce deuxième jour sont vraiment magnifiques. 

Beaucoup plus vallonnés, beaucoup plus verts, on est vraiment au beau milieu de la steppe mongole, en plein soleil. On profite de chaque moments et on se régale.

 Moggy aime bien chanter et nous apprend les paroles d’une chanson mongole qui tourne en boucle en ce moment, que Oggy nous avait fait découvrir à Tsenkhermendal. 

Nous voilà tous les trois sur nos chevaux, au milieu de rien, à chanter tant bien que mal en mongol de notre plus belle voix de ténor…!

Nos chevaux nous écoutent mieux, même si celui de Gabrielle est encore bien têtu par moments…! On fait beaucoup de galop et on fait même la course de temps en temps. Wissam se moque bien du petit cheval de bas de Gabrielle, qui se défend quand même bien et passe devant les garçons à fond les manettes de temps en temps !

Nous arrivons au coucher du soleil chez la famille qui nous hébergera ce soir là et nous constatons que nous sommes loin d’être les seuls… Il y a déjà 2 couples d’autres touristes, qui viennent de la même agence. L’un des couple finit son parcours de 10 jours à cheval et l’autre couple vient passer une semaine en compagnie de cette famille. Nous avons dormi à 8 dans la même yourte, réservée aux touristes et nous avons trouvé ça ni agréable pour nous qui n’avons rien partagé du tout avec la famille, ni pour la famille qui ne savait pas vraiment où nous mettre.

Ce soir là, il fait bien froid dans la vallée et après le coup de chaud que nous avons pris, c’est pas la grande forme pour Gabrielle qui a été malade dans la nuit, l’agneau que nous mangeons depuis presque un mois n’est pas passé cette nuit là et a été regurgité dans l’herbe, devant la yourte…!

Difficile de se remettre en selle le lendemain, avec de belles nausées pour Gabrielle, et un bon mal de genou handicapant pour Wissam. Ça a été une journée de cheval bien difficile pour nous. 

Nous sommes passés par les montagnes où il y avait beaucoup de taons qui rendent les chevaux fous car ils font que se gratter. Nos chevaux tiraient sur les rennes et nous avions du mal à les maintenir, par manque de force, probablement à cause de notre alimentation et de la fatigue accumulée.

En plus, le couple qu’on a rencontré faisait le même chemin que nous donc Moggy a voulu aller au même rythme qu’eux pour suivre son copain le guide, un rythme beaucoup trop soutenu pour nous qui étions vraiment mal en point. Il a fallu prendre beaucoup sur nous pour finir l’étape…

Heureusement que les paysages, diversifiés, étaient vraiment beaux !

Nous arrivons donc vers 16h dans la famille qui nous accueille, dans une vallée entre deux montagnes. De nouveau, une autre touriste, Isabelle, est avec la famille pour une semaine. C’est son dernier jour, elle repart le lendemain. Néanmoins cette fois, nous avons pu en apprendre beaucoup sur la famille et passer de chouettes moments avec eux.

Isabelle nous voit arriver crevés et en discutant avec elle, elle nous dit qu’elle est médecin, orientée médecine chinoise. Comme nous avons beaucoup d’intérêt pour la médecine alternative et les plantes, on passe un peu de temps à parler de tout ça. Au bout d’un moment, elle nous propose de nous faire de l’acupuncture pour voir si elle peut nous aider à aller mieux.

On se retrouve donc allongés sur l’herbe, au beau milieu de la vallée avec des aiguilles des pieds à la tête devant les Mongols qui n’en croient pas leurs yeux et avec des chevaux tout autour de nous. Les poulains, curieux, s’approchent même de temps en temps pour voir qu’est ce qu’on fait la !

Une scène complètement irréelle !

Elle nous met aussi un point d’auriculotherapie dans l’oreille, sur le point de l’estomac, car selon elle notre estomac a effectivement bien souffert de cette alimentation à laquelle nous ne sommes pas du tout habitués, et puis avec les efforts que demandent la randonnée à cheval, on ne pouvait qu’être crevés !

Après avoir vu Isabelle pratiquer l’accupunture sur nous, la mère de famille lui a demandé qu’elle en fasse sur sa jeune fille handicapée, et sur son mari qui n’a accepté qu’une seule aiguille. Après avoir vu tout ça, le petit dernier, très effacé derrière son frère aîné, est également venu demander à Isabelle s’il pouvait avoir un point autour de son nez qui ne faisait que couler…

Nous avons trouvé cet échange de cultures absolument incroyable, après avoir côtoyé les mongols durant 3 semaines et avoir un peu cerné leurs habitudes. C’était très touchant de les voir demander une aide si éloignée de leur mode de vie, et de voir la confiance qu’ils avaient en Isabelle après une semaine passée ensemble.

Le quatrième jour, nous rentrons à Tsenkhermendal, tranquillement. Nous allons beaucoup mieux même si nous avons plein de courbatures à cause du cheval !

Nous en avons pris plein la vue pendant ces quatre jours de cheval et on a adoré en savoir encore d’avantage sur la vie des nomades, grâce à ces familles avec qui on a pu échanger.

Ces 4 jours étaient épuisants pour des débutants comme nous mais malgré tout on a vraiment adoré, et on est fiers d’avoir pu aller au bout de ces 4 jours, en un seul morceau !!

Infos et bons plans:

– Nous sommes partis avec Horsetrails, une agence tenue par des Français et une mongole. Nous avons payé 40e par jour et par personne, tout compris (guide, chevaux, repas et hébergement). Nous dormions donc chaque soir dans une famille qui nous préparait un pique nique pour le lendemain.

En général on dormait par terre dans nos duvets. Pas de douches et toilettes où on veut dehors, comme chez la plupart des familles en Mongolie.

L’alimentation est tres souvent à base de viande, de lait et de farine. Peu de légumes. On vous recommande de prendre des cachets de vitamines si vous vous rendez en Mongolie, ça aide toujours !

Nous regrettons un peu d’être tombés dans des familles avec autant de touristes, nous ne trouvons pas que ce soit agréable ni pour eux ni pour nous même si ils sont évidemment payés pour nous recevoir. Nous avons aussi fait peu de cheval par jour, entre 15 et 20km, c’était parfois un peu frustrant même si on était crevés, c’était souvent au moment où on se sentait le mieux qu’on s’arrêtait.

Gabrielle a également trouvé dommage qu’on ne puisse pas lui proposer un cheval qui n’ait pas peur et qui ne soit pas de bas alors qu’ils en ont quand même beaucoup !

L’agence propose toutefois du matériel de qualité et notre guide, Moggi, était très consciencieux, faisait beaucoup attention à nous et on a eu une super relation avec lui, tellement qu’on l’a revu ensuite !

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