Volontariat en Mongolie – Bienvenue à Tsenkhermendal

Premier objectif de cette étape mongole tant attendue: se rendre à Tsenkhermendal, une ville à 250km à l’est de la capitale Ulan Bator oú nous partons faire du volontariat ! Nous sommes entrés en contact via le site internet workaway avec une famille ayant besoin d’aide principalement pour sa boulangerie mais aussi pour son resto et son épicerie.

A Ulan Bator, la veille de notre départ, nous rencontrons l’aînée de la famille, Ganchimeg, qui parle anglais et qui nous raconte comment ça se passera la bas.
Après 4h de bus, dans les steppes, nous arrivons à destination oú Anu, la fille de Ganchimeg nous attend sur son vélo. Sa maman nous a confié qu’elle nous attendait avec impatience et nous avait même fait un joli dessin…!

Cette ville est en fait un patelin de quelques maisons-restaurants pour les gens de passage sur la route principale qui traversent le pays d’est en ouest. Une « aire d’autouroute » en plein milieu de plaines remplies de bétail en tout genre (boucs, chêvres, chevaux, vaches, yaks) en liberté et leurs propriétaires vivant dans les fameuses yourtes mongoles qu’on aperçoit au loin ici et là. La vraie ville-village de Tsenkhermendal est plus au nord à 5km de la route.

On arrive donc dans la maison dont le salon est la salle principale du resto et derrière la cuisine se trouve une petite pièce dédiée à la boulangerie. On fait la rencontre de Chimke, la boulangère qui travaille pour la famille, en train de s’affairer à l’emballage des pains frais de la journée. Idre et Mogi sont en train de repeindre la salle du resto et on rencontre plus tard la patronne des lieux : Oyuna, la grand mère qui a monté ce business avec son mari, Gambatoor. Il y a aussi Uyenka, la fille de Chimke et Ana qui travaillent au restaurant.

L’accueil est très chaleureux, on essaie de communiquer avec le peu de mots mongols que l’on connaît et eux le peu d’anglais. Mais comme d’habitude, la barrière de la langue n’en est finalement pas une car avec les gestes et le sourire, on arrive à échanger!

Nous rejoint Oyunbatoor (surnommé Oggy) le fils, qui parle un peu plus l’anglais et on comprend plus de choses sur leur vie ici et sur ce qu’on devra faire lors de ce séjour.

Ici comme dans la plupart des foyers de la campagne mongole, il n’y a pas l’eau courante et les toilettes sont dans une fosse à l’extérieur de la maison. On se douche à la bassine ou aux douches communes une fois de temps en temps. L’eau est rapportée d’un puits et il s’agit de l’économiser !

Chimke et Oyuna s’occupent bien de nous, elles nous aident à nous doucher dans les bassines et lorsqu’on tente de faire notre lessive à la main, Chimke repasse toujours derrière et nous étend même notre linge, une vraie maman !

Pour avoir de l’eau chaude ou même tiède, il faut la faire chauffer. Le poêle à bois est l’élément principal de tout foyer mongol et ici, il se trouve dans la piece dediée à la boulangerie.

Le premier soir comme tous ceux qui suivront, on mange tous ensemble et on commence à se sentir comme à la maison. Première nuit chez eux et on attaque dès le lendemain !

Les premiers jours de boulot sont rudes mais très intéressants. Les voir travailler et participer à leur vie en les aidant et en se sentant utile, quoi de mieux pour une immersion totale dans une culture différente ?! 

Les journées sont rythmées par les différentes étapes de la confection du pain. 
Dès notre réveil nous emballons les pains faits la veille pour aller les livrer dans la matinée dans les magasins aux alentours. Ensuite, nous préparons la pâte à pain : découper du bois pour faire du feu afin de chauffer l’eau servant au resto mais aussi à la confection de la pâte à pain, pétrir la pâte à la main (85kg de pâte par jour), attendre qu’elle lève, la mettre en moule et surveiller la cuisson. 

Chimke nous apprend ce qu’elle sait avec patience et bienveillance. S’installe vite une ambiance complice, on se comprend en un regard, on developpe une langue alternative et on partage beaucoup de fous rires. On a une grande admiration pour cette femme qui travaille sans relâche du matin au soir, comme beaucoup de Mongols d’ailleurs pour qui les vacances sont rares et les congés payés un concept qui n’existe pas dans leur vocabulaire…

Pendant que le pain lève, on file un coup de main au resto ou bien on arrose les plantes et les arbres de leur terrain avec Ikbatoor le « jardinier » de la famille. Le terrain est au milieu des plaines, et le soleil se couche pendant qu’on travaille. C’est en quelques sorte une « pause » bol d’air et coucher de soleil, on se sent très petits.

Le soir, on est exténués du travail qu’on a fourni, mais on se sent utiles, tout le monde travaille tellement dur qu’on se met vite à leur rythme. Comment se reposer sans scrupule alors que toute la maison s’active toute la journée ?

En Mongolie comme dans beaucoup de pays que nous avons visités, manger est très important. Les Mongols doivent survivre à un climat très rude durant l’hiver, mais très peu clément le reste de l’année. La base de leur alimentation: la viande (agneau et bouc, boeuf, cheval), le lait et la farine. Ils mangent assez gras pour pouvoir faire face au rude climat. Ils mangent peu de légumes et presque aucun fruits car ils ne poussent pas sur leurs terres stériles. Oggy nous disait souvent « no meat, no eat » (« pas de viande, pas de repas »), et selon lui, il y aurait beaucoup de vitamines dans le thé qu’ils consomment toute la journée avec du lait, et dans les abats des animaux dont ils raffolent. Néanmoins, la qualité de leur viande est incomparable. Ici, ils ne connaissent ni les OGM ni les abattoirs; Le bétail ne mange que de l’herbe et parfois un peu de vitamines. On peut imaginer que le lait et la viande contiennent effectivement les vitamines nécessaires à leur santé.

Cette alimentation est un changement radical et brutal pour nous, qui ne buvons jamais de lait en France et qui avons mangé très peu de viande depuis des mois. Nous nous habituons peu à peu à ce régime et contrairement à ce qu’on peut penser, la gastronomie mongole est vraiment bonne ! En tout cas, ça a le mérite de nous faire reprendre un peu le poids qu’on a perdu !
A côté de notre travail, on explore un peu les environs. Un jour, Gambatoor le grand père nous propose de nous emmener à la capitale du Khenti, Genghis khot. 

La route pour y aller est vraiment belle et on croise des gens qui se déplacent à cheval, dont un jeune garçon hyper à l’aise ! L’as bas les enfants sont mis sur des chevaux dès l’âge de 4 ans…

C’est l’occasion pour nous de voir comment ça se passe dans les villes mongoles, d’aller visiter un temple et les statues de la ville.

Les mongols sont majoritairement bouddhistes puis catholiques. Mais beaucoup sont encore animistes.

Le temple qu’on a visité se trouve au bout de la ville et fait face aux vastes plaines. Il s’en dégage une serenite impressionante, l’impression d’etre seuls au milieu de rien.

Un weekend, Oggy nous propose d’aller au blue lake, Khekh nuur. Il est toujours très occupé mais nous promet de prendre le temps d’y aller. On l’attend toute la journée puis en fin d’apres midi, alors qu’on avait abandonée l’idée, il passe nous prendre et nous dit qu’on y passera la nuit. Apres une longue route sur la piste, musique mongole à fond les ballons, on arrive sur place. On plante la tente entre les pins, le seul arbre qui pousse ici et au lever du jour on se précipite pour aller voir le soleil illuminer le lac. Il fait un froid glacial ! Oggy prête son del (le manteau traditionnel mongol) à Gabrielle qui comprend vite son utilité…! L’eau du lac s’évapore avec le soleil qui chauffe et crée une couche de fumée sur la surface de l’eau, ça rend le paysage encore plus beau, vraiment magnifique.

On est ébahis par la beauté des lieux…!

Le soir après le travail on aime bien monter sur les collines autour de la ville pour voir le coucher du soleil. Chaque fois, c’est un nouveau spectacle. Les couchers de soleil sont parmi les plus beaux que nous ayons vus. Parfois au loin, on peut voir un troupeau de chevaux au galop… Seuls au sommet de ces collines on a une petite idée de sentiment de liberté que peuvent ressentir les mongols dans leur mode de vie, qui leur est si cher.

 Un dimanche ce sont les élections presidentielles. On a entendu toute la semaine des voitures défiler pour les trois differents candidats et distribuer des prospectus. Le jour des éléctions est important pour les mongols qui mettent leur plus beux habits pour aller voter. Toute la famille et les employés partent dans le van russe de Gambaator. 

Lors des élections, la vente d’alcool est interdite pendant 3 jours pour que la population aille voter. Cette fois là, aucun candidat n’a recuilli les 51% necessaires a l’élection, pour la première fois dans l’histoire mongole, il faut faire un deuxième tour.
Les jours passent et on s’habitue à la vie dans ce village. On commence à bien connaître les lieux et les gens, à parler quelques phrases en mongol. On a pris nos marques, on est devenus expert dans la confection du pain et on a l’habitude d’aller le vendre aux commercants. On se sent chez nous. Mais la vie nomade commence à nous manquer et on a envie d’aller voir le reste de la mongolie.

C’est au bout de 17 jours en leur compagnie que nous mettons les voiles, les larmes aux yeux de quitter toute la famille, qui nous a tant offert.

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5 réflexions au sujet de « Volontariat en Mongolie – Bienvenue à Tsenkhermendal »

  1. Bonjour ! On aimerait également passer quelques jours dans cette famille avec mon amie.
    Cette dernière est végétarienne: est ce que cela posera un problème majeur ?
    Comment avez vous fait pour retrouver un membre de la famille à UB ?
    Merci pour vos réponses, et bravo, vous donnez vraiment envie 🙂

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    1. Bonjour,
      Pas facile d’être végétarien en Mongolie…! Les légumes et les fruits ne poussent pas donc ce sont des denrées rares et chères. Les Mongols mangent beaucoup de pates, de lait, de viande et de patates, du coup ça va restreindre considérablement l’alimentation surtout si vous êtes dans une famille. À voir la raison pour laquelle ton amie est végétarienne.
      Nous avions contacté la famille via workaway 🙂

      Merci pour ton message et profitez bien, l’hospitalité mongole n’a rien de comparable !

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  2. Merci beaucoup ! On est déjà venues l’année dernière, et on est tombées littéralement amoureuses du pays et de ses habitants, d’où ce second voyage 😉 On a contacté cette même famille, et à priori, on restera chez eux une semaine ou deux !! Votre retour nous a bien motivées… Vous n’avez pas eu trop de mal à vous rendre à Tsenkhermendal ? On flippe un peu à l’idée de ne pas trouver le bon bus ou le bon arrêt ^^

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