Pékin-Ulan Bator en transibérien

Lors de la préparation de notre voyage, depuis notre canapé bordelais, il y avait une destination qu’on ne voulait pas rater, la Mongolie.

Comme beaucoup, nous imaginions les vastes plaines, parsemées de yourtes autour desquelles chevaux et biquettes se promènent en quasi liberté, et la branche mongole du mytique transiberien qui sillonne dans la vallée.
C’était décidé, nous arriverions en train en Mongolie !
Restait plus qu’à savoir comment et d’où. Nous nous sommes beaucoup renseignés et nous avons trouvé le moyen de relier Pékin à Ulan Bator, la capitale Mongole, par ce fameux train.

Il nous manquait plus qu’à choisir une période où on ne souffrirait pas trop du climat et à intégrer ça à notre itinéraire, ce qui n’a pas été une mince affaire car le climat mongole n’est clément que 3 mois par an !

On a donc organisé une bonne partie de notre itinéraire, et notre date de départ dans l’optique de réaliser ce projet…!

Toutes les informations que nous avions trouvé indiquent qu’il fallait réserver les billets de train au moins 1 mois et demi à l’avance pour un départ entre Juin et Septembre mais comme vous l’avez compris, réserver à l’avance ne fait pas tellement partie de nos envies de voyage !
En effet, plus on avance et plus on se laisse porter, on prolonge et on raccourcit nos étapes au gré de nos envies. Du coup on a reservé nos billets à peine 3 petites semaines avant notre départ, prévu mi juin, en espérant que nous pourrions quand même réaliser ce projet.

On a été très surpris de constater que nous étions presque seuls dans ce train ! Une trentaine de personne à tout casser, et absolument seuls dans notre wagon !

La branche transmongole du transiberien part de Pékin 2 à 3 fois par semaine (3 uniquement l’été), et relie Pékin à Ulan Bator en 26h avec une longue escale à la frontière pour la douane et le changement de roues.

Le 12 juin à 11h, après 15 jours en Chine, nous montons à bord d’un des trains les plus célèbres du monde, vers un pays qui nous a toujours attiré.

Deux hôtesses en tenue nous accueillent en mongole et nous nous installons dans notre cabine qui comporte 2 lits superposés avec chacun sa TV et une petite table, le tout fermé d’une porte coulissante ! On s’y sent tout de suite bien, le wagon est classe et tout propre. Il ressemble aux trains chinois qu’on a déjà pris mais dans un autre standing. L’heure du départ approche et nous sommes seuls dans notre wagon, ça nous convient très bien !

Une fois partis, on part visiter le train, jusqu’au wagon restaurant, tenu par des chinois. En se baladant entre les wagons, on commence à sentir la préparation de soupes à base de viande, de pommes de terre et de carrottes, ça annonce la gastronomie mongole !

Au détour de notre chemin, on croise une hôtesse qui a l’air sympa et on lui demande comment dire bonjour en mongole. Elle demande aux personnes avec qui elle est en train de discuter dans le compartiment et hop, on se retrouve à être invités à boire de la vodka chinoise avec trois Mongols.

Comme souvent, la barrière de la langue se révèle être une source d’échange et de rigolade plus que de gêne, nos hôtes sont curieux et cherchent à en savoir plus sur nous.
On apprend nos premiers mots de Mongols, on goûte nos premiers kushur, une spécialité mongole de beignet à la viande.
D’ailleurs, bien après, les Mongols n’ont rien compris quand on leur a dit qu’on avait appris que « melkenti » voulait dire boire et « foudi » manger, c’était en fait un quiproquo quand Josh, notre hôte du train a essayé de nous dire qu’en Mongolie ils boivent souvent du thé au lait (Milk and tea= melkenti), et qu’il savait que « food » c’était de la nourriture…!

Bref, donc on passe deux bonnes heures à essayer de limiter notre consommation de vodka en leur compagnie, à bien se marrer et à s’étonner d’avoir si rapidement un aperçu de la légendaire hospitalité Mongole. Une fois la bouteille vidée, Josh va piquer un petit somme et nous on va manger un bout. Ils nous invitent à revenir le soir même et on se quitte sur ces belles paroles.

En revenant à notre compartiment, l’hôtesse nous offre gentiment de la soupe qu’elle a fait pour elle. On se régale et on se dit que décidément, ce séjour en Mongolie s’annonce bien !

Les paysages défilent et se font de plus en plus désertiques, on atteint bientôt la Mongolie intérieure, qui fait partie de la Chine mais qui est une région autonome. Devant nos yeux, rien que le désert et des plaines vides à perte de vue. La Mongolie intérieure est composée en grande partie par le désert de Gobi, et c’est ce qui rend la traversée en train aussi mytique.
Ici et là, on aperçoit des troupeaux de chameaux et de chevaux plus ou moins sauvages. C’est la première fois qu’on a devant nos yeux un paysage aussi vaste et aussi vide, sans limite.

Le soleil se couche sur le désert, un spectacle magnifique qui défile sous nos yeux.

On part rejoindre nos amis Mongols avec une bouteille de vin chinois.

Une grande surprise nous attend, Josh, le grand buveur de vodka blagueur et à moitié débraillé est en fait un employé du train ! Il travaille la nuit dans le wagon machine. L’autre femme avec qui on a passé la matinée n’est pas sa femme comme il nous l’avait dit, mais l’hôtesse de nuit du wagon…! On s’est bien fait berner, on est tout étonnés d’avoir passé un moment pareil avec le staff du train !

On passe donc la soirée avec eux, entre deux contrôles douaniers, à boire du vin chinois et de la vodka mongole, à jouer à la bataille de pouce et au bras de fer.

Aux alentours de 22h, le train s’arrête à la frontière pour le changement des roues, car les rails chinois sont différents des mongols. C’est assez impressionnant, les wagons sont surélevés et les anciennes roues poussées par les nouvelles, tout le monde participe, même les hôtesses qui ont troqué leurs jupes et chemisiers contre une tenue de mécano…! L’opération prend deux bonnes heures, durant lesquelles on ne peut pas faire pipi ! Heureusement, notre copine hôtesse accepte de faire une exception et ouvre leurs toilettes à Gabrielle qui n’en peut plus du tout, ouf !

Le seul problème dans cette histoire, c’est que nous ne nous attendions pas à arriver à la frontière si tôt et nous sommes hyper loin de notre compartiment et donc de nos bagages…
Les douaniers entrent, ils cherchent on ne sait quoi partout avec insistance et on redoute qu’ils soient en train de fouiller nos sacs sans nous…

C’est vers 2h du matin que nous regagnons notre wagon, et toutes les voitures ont été déplacées. On a passé une bonne demi heure à chercher la notre partout !

Le lendemain, nous nous réveillons avec le lever du soleil sur le sable ocre du désert de Gobi, derrière lequel émerge une énorme boule rouge, dans un ciel sans aucun nuage. On observe ce spectacle d’une rare beauté, les yeux pleins de sommeil.

Le désert de Gobi n’est qu’étendue de sable ocre, parfois un paysage plus rocailleux et une fine couche d’herbe comme un duvet. Une yourte ou plusieurs sont diséminées ici et là, ce n’est donc pas une légende. On peut aussi voir les bêtes qui paissent dans les plaines.

Le train s’arrête régulièrement dans des petites villes aux toits de toutes les couleurs. Il y a même des yourtes dans ces villes !

Quelques heures plus tard, le train s’arrête en gare d’Ulan Bator. Des groupes de jeunes nous sautent dessus pour nous apater dans leur guest house, on se laisse faire et on pose nos affaires dans un appartement où les chambres sont louées. C’est comme ça que ça se passe ici ! On a l’impression d’être dans une grande coloc.

Ulan Bator nous fait tout de suite une mauvaise impression, c’est une ville grise, avec des bâtiments moches partout ! Après avoir traversé toutes ces plaines et n’avoir vu que la nature à l’état brut, ça fait bizarre de tomber en plein de milieu de la civilisation. Pratiquement 50% de la population vit dans la capitale d’un pays où la densité monte jusqu’à…2 habitants par km² !

Dès le premier soir, nous avons rendez vous avec Ganaa, une jeune mongole originaire de l’est, sa famille cherche des volontaires pour apporter de l’aide dans leur boulangerie, on l’a contactée via Internet et nous avons hâte de commencer. Autour de plats bien locaux, elle nous raconte tout de sa famille, de là où ils vivent et de ce qu’ils font, du boulot qu’on aura à faire.

Après 6 mois de diet riz-poulet-légumes à chaque repas, on se régale de viande bien grasse, de patates/frites et de pâtes…!

Le lendemain, nous nous mettons en route pour Tsenkhermendal, une petite ville à 200km de la capitale…

Infos et bons plans:

Le train part de Pekin le lundi, le mardi et le mercredi à 11h22 de juin à octobre et arrive vers 14h30 le lendemain. Que le mardi et le mercredi le reste de l’année.

Nous avons réservé nos billets de train par le site internet TravelChinaguide.com, qui a été très efficace ! On a modifié notre demande plusieurs fois et ils ont toujours été disponibles. Ce sont aussi les tarifs les moins chers qu’on ait trouvé. 198e chacun dans un compartiment 4 couchettes.

On nous avait dit de réserver bien en avance mais en fait le train était vide (mi juin), alors c’est peut être jouable de les prendre au dernier moment directement en gare, il paraît que c’est moins cher.

Il y a de l’eau chaude et de l’eau froide en bonbonne dans le train. Ils vendent de la nourriture au restaurant mais c’est cher.

On avait prévu un plat à emporter, des gâteaux et des nouilles instantanées.

Les toilettes ferment 30mn avant l’arrêt à chaque gare donc allez faire pipi dès que vous avez envie pour pas vous faire avoir !

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