Luang Namtha – jungle et plouf le vélo…!

Un long voyage d’une douzaine d’heure depuis Vientiane nous mène à Luang Namtha, une petite ville très proche de la frontière chinoise dans le nord ouest du Laos.

On sent qu’ici, les traditions ethniques sont encore bien ancrées, plusieurs femmes de différentes ethnies sont dans le bus avec nous (toute la famille sur 2 couchettes), et sont vêtues de leurs habits traditionnels.

Nous souhaitons passer nos derniers jours dans la nature avant de rejoindre la Chine en bus.

Après nous être installés dans une guest house bien sympa, nous partons à la recherche d’une agence pour faire une randonnée de 2 jours dans la jungle. Autour de Luang Namtha se trouve un parc national protégé où habitent des ethnies différentes. Nous avions bien envie de les rencontrer mais on se rend vite compte que toutes les agences proposent d’y aller dormir, carrément dans des dortoirs, ce n’est pas trop notre truc alors on choisi un trek de 2 jours où on dort au beau milieu de la jungle. On passera quand même par les villages mais sans y rester.

Le lendemain nous partons donc avec Lionel, un français et Ara, une espagnole pour deux jours de marche et une nuit en camping dans la jungle.

Nous passons d’abord par le marché local pour acheter ce dont nous aurons besoin pour manger.

Ensuite, nous passons chercher deux jeunes guides dans un village d’une ethnie Khamu qui aideront à préparer les repas et à porter la nourriture.

Le trek commence par ce village similaire à celui que nous avons vu dans le sud du Laos. Nous passons par les rizières et montons dans la montagne, à travers les plantations d’hévéa (arbre qui produit le caoutchouc) qui sont devenues omniprésentes dans le coin, pour le commerce avec la Chine. C’est d’ailleurs presque tout ce que l’on peut voir comme arbres autour de Luang Namtha, c’est effrayant…!

Au bout d’une heure, nous arrivons dans le parc protégé où se trouvent des arbres plus diversifiés et bien plus vieux. La végétation et très dense, on se sent bien petits.

Nos guides installent des feuilles de bananier sur le sol en guise de nappe et nous font des assiettes avec les mêmes feuilles, où est servi le repas. Sympathique !

Nous marchons ensuite encore quelques heures avant de rejoindre notre camp pour la nuit, une cabanne en bois au bord de la rivière.

Nos guides ramassent au fur et à mesure de notre passage des plantes comestibles: pousses de bambou, feuilles diverses et oignons sauvages pour agrémenter le repas du soir.

Nous ne croisons pas d’animaux, qui se cachent bien, mais beaucoup d’insectes énormes, araignées, scarabées et papillons multicolores.

En fin d’après-midi midi, nous arrivons sur notre campement, une cabanne en bois avec un toit en feuilles de palmier et de bananier.

Le soir, petite douche dans la rivière et nous mangeons tous ensemble à la lueur de la bougie un repas délicieux et hyper copieux.
Après le repas, nous partons nous balader avec Lionel dans la jungle dans la nuit. Sous le ciel étoilé, nous avançons avec précaution entre les arbres et la rivière en guettant les sangsues, avec le bruit assourdissant de la jungle en fond. Un moment magique !

On s’endort avec le chant des oiseaux de nuit et les bruits de la forêt pour une bonne nuit sous les feuilles de bananier, calées entre les planches de bois pour nous protéger de la pluie.

Le deuxième jour est un peu plus sportif, et la jungle plus dense, magnifique.

On marche un peu sur une « route », plutôt une piste, qui surplombe les montagnes. C’est par là que les habitants des villages voisins passent pour rejoindre Luang Namtha, en moto la plupart du temps, mais parfois à pied. Cette piste est toute récente, avant tout le monde y allait à pied, il y a 3 bonnes heures de marche…

On s’arrête faire une pause dans un village Katu puis on rend visite à un village habité par des Lantens qui ont la particularité de porter des habits noirs, les femmes ont aussi toutes la même coiffure. Les habitants nous sortent tous leur artisanat mais nous ne sommes pas intéressés, et leur singe en laisse tente de nous piquer nos bouteilles…

Ensuite, on repart vers la jungle, on monte la montagne en direction d’un point de vue sur la vallée de Luang Namtha. Ça grimpe sévère, on commence à souffrir un peu de l’humidité et de la chaleur, mais on cherchait une randonnée un peu physique alors on est ravis.

Après une pause déjeuner au milieu des papillons, on attaque la dernière partie de la randonnée qui nous ramène dans un village Lanten où on viendra nous récupérer.

On passe de nouveau entre les plantations de caoutchouc, où pendent des bouteilles coupées qui récupèrent la sève de l’arbre.

On rentre à Luang Namtha bien crevés mais satisfaits de s’être dépensés dans un si bel environnement et d’en avoir appris plus sur les plantes et leur utilité alimentaire ou médicinale.

Pour notre dernier jour à Luang Namtha, Wissam reste se reposer dans la chambre de luxe qu’on avait réussi à dégoter, et Gabrielle se motive pour aller explorer les environs à vélo.

Allez, je vous raconte mes péripéties, ça vaut le coup !

Je loue un vélo et je pars sans téléphone puisque je n’en n’ai plus, donc sans GPS, avec une carte très approximative faite à la main (je sens que vous voyez les dégâts venir de loin….!)

Je me dirige vers le temple de Luang Namtha, ça grimpe bien comme il faut et j’ai l’impression de faire fausse route, alors je fais demi tour. Puis je me dis que je peux quand même aller voir. Puis j’abandonne au bout de quelques mètres. Je redescends jusqu’en bas et je vois un panneau qui indique le temple exactement là où j’étais. Les locaux sur place ont bien ri de me voir suer à faire des allers retours, mais ce n’est que le début !

J’arrive dans un village d’une ethnie Opa, dont les femmes portent de magnifiques coiffes que j’avais envie de voir. À la place, je me fais sauter dessus par une vingtaine d’enfants avec des bracelets à vendre à la main. Certains grimpent même sur mon vélo, flippant, je m’enfuis après en avoir acheté quelques uns….

La campagne est superbe entre rizières et montagnes, je décide d’aller me perdre un peu dans les rizières. Bien-sûr je finis par me perdre pour de bon et ai beaucoup de mal à retrouver la route que je voulais emprunter. Sur ma carte, le chemin traverse la rivière mais elle n’est pas précise du tout alors je me dis qu’il n’y a peut être pas de route. Je la tente à la laotienne en traversant moi même la rivière avec le vélo, en direction des rizières, sous le regard très interrogateur des gens qui se baignent ou se lavent dans la rivière.

Devant moi, des rizières à perte de vue, mais il me semble voir un petit chemin là bas au fond. Je suis perdue mais j’ai pas trop envie de rebrousser chemin après avoir traversé la rivière et avoir failli y laisser ma claquette alors je décide de traverser toutes les rizières pour atteindre le chemin avec mon vélo. C’est tellement étroit que je ne peux pas marcher avec mon vélo alors je marche en étant sur le vélo, en essayant tant bien que mal de ne pas glisser. C’est après une bonne demi heure de galère que je me rend compte que deux hommes avaient vu toute la scène depuis leur petite cabanne…!

Bref, j’ai réussi à arriver au chemin, je ne suis pas peu fière. Je remonte sur mon vélo et je me rend vite compte que je monte dans la montagne entre les hévéas, comme le chemin du retour du trek de la veille. Les locaux me regardent passer mais ne me disent rien jusqu’à ce qu’un homme me dise que je fais fausse route, sans m’expliquer par où je peux passer.

Je finis par aller demander mon chemin aux deux jeunes qui n’avaient rien raté de ma galère dans les rizières….

Au hasard de mon chemin, je finis par trouver un pont bien moderne bien bétonné qui traverse la même rivière que j’ai traversé à pied et qui n’attendait que moi…..!

Je ne me décourage pas et je continue, toujours dans un paysage magnifique. Au bout d’un moment, je croise un petit pont tout mignon fait de rondins de bois. Je me dis que ce serait chouette de prendre une photo du vélo sur le pont depuis le bas. Alors je mets le vélo sur béquille, je m’éloigne en marchant sur les rondins qui bougent beaucoup et puis « plouf », ohoh, ce serait pas mon vélo ça ?!

Heureusement, la rivière n’était pas très profonde, j’ai donc pu le récupérer sans trop galérer mais j’ai encore une fois bien amusé les locaux qui passaient en moto (et en sont descendu pour traverser le pont) qui ont éclaté de rire lorsqu’ils m’ont vue dans l’eau jusqu’aux aiselles, habillée, avec mon vélo dans les mains….

Après ça, j’ai réussi à finir la balade sans (trop) d’encombres…! Je faisais pas la fière quand j’ai rendule vélo, avec de l’eau qui coulait encore de la selle…!

Moralité de la journée: heureusement que je ne voyage pas toute seule, il m’en serait arrivé de belles !!

En tout cas on a beaucoup aimé Luang Namtha, et la beauté de ses alentours. Nous avons trouvé le trek un peu cher pour ce que c’était, si c’était à refaire nous irions peut être plus loin vers .

Infos et bons plans :

Nous sommes allés à Luang Namtha en basse saison, ce qui nous a permis de trouver un méga bon plan pour l’hébergement ! Amandra villa, une chambre Deluxe, grand lit double, petit coin TV canapé et sdb pour 60000 kips. On avait l’impression d’être à la maison…!

– Par contre en basse saison c’est plus difficile de trouver des compagnons de trek pour faire baisser les prix, et le trek est très cher dans la région car ils ont une volonté de préserver la jungle et les villageois du tourisme de masse. Nous avons donc payé 70euros chacun pour 2 jours de trek qui comprend repas, duvet, guide, transport et accès au parc national.

Renseignez vous bien avant de faire votre choix car il y a beaucoup d’agences qui proposent des treks, certaines agences n’ont pas la licence pour entrer dans la parc protégé donc vous le verrez que des hévéas et des arbres tout jeunes. Renseignez vous aussi sur les villages que vous allez visiter !

Nous avons choisi the hiker car c’est celle qui nous a le plus inspiré confiance. On est quand même passé dans des villages qu’on aurait préféré éviter !

Le trek était censé être bien sportif mais nous l’avons trouvé un peu léger le premier jour. Nous ne l’avons pas fait pour une expérience authentique avec la population mais si c’est ce que vous recherchez, il vaut mieux aller dans des villages reculés, peut être pas à Luang Namtha.

En faisant le tour des agences, on a été un peu « choqués » du manège de certaines qui disent qu’ils ont des clients mais en fait c’est pour attirer du monde, au final le lendemain personne ne vient et vous vous retrouvez seuls. Un employé d’une agence nous a aussi suivi partout pour savoir ce qu’on cherchait, il nous espionnait carrément c’était dingue !

– Un restaurant super bon et pas cher: Lai’s place.

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