Captain Hook – immersion dans la culture d’une ethnie laotienne

Arrivés au village, on nous demande 5000kip (0,6cts) chacun pour financer l’école du village. C’est parfois mauvais signe, on a nos premiers doutes.

Vite effacés par les grands sourires des enfants qui nous voient débarquer à moto, et par la vie des habitants​ du village qui n’est en rien modifiée par notre présence. Chacun vaque à ses occupations, les gens sont accueillants, ils nous indiquent la maison de Mr hook mais on ne sent pas de lassitude dans leur regard ni de modification dans leur quotidien.

Mr Hook est en train de faire visiter la plantation quand on arrive mais sa famille nous accueille chaleureusement, avec un excellent cafe fait dans un filtre de bambou. On est séduits, alors quand on nous propose de rester dormir on dit oui sans hesitation !

Comme le soleil se couche bientôt et que nous restons jusqu’au lendemain, Mr Hook nous propose d’aller voir le coucher du soleil avec ses fils et leurs copains plutôt que de faire la visite. On est ravis puisque comme vous le savez, les enfants c’est notre dada ! En compagnie de Marie, une autre française, nous suivons la joyeuse bande au travers de la foret vers un très joli spot !

On a passé un moment tellement chouette avec eux qu’on en a oublié de profiter du coucher de soleil !
Courses endiablées, fabrication de bracelets, lances, flutes avec des feuilles, toupie à partir d’ insectes, tours de magie… Beaucoup de partages et de rires, comme on en a l’habitude !

Et la magie du retour, la petite bande de mecs qui chante dans la nuit, en suivant la route à la lueur des téléphones…

Arrivés a la maison, c’est l’heure du repas, qu’on prend avec la famille, ce qui nous est rarement arrivé en Asie !
Tous autour d’une sorte de barbecue, à faire cuire poulet, légumes et nouilles​, accompagné de riz gluant sauce cacahuète ! Un régal !!

Après manger, la femme de Hook a posé sur le feu un grand wok avec les graines de café dedans, et nous a montré comment le torréfier, on a même pu essayer…! Il faut faire « griller » les graines de café qui sont toute beiges en tournant constamment pour ne pas qu’elles ne brulent, par un geste en forme de 8, pendant une bonne heure, jusqu’à ce qu’elle deviennent marron foncé.

Pour couronner cette soirée, on nous propose de nous rendre à la cérémonie d’enterrement du grand père d’une des familles du village. Nous sommes curieux d’y participer car nous savons que la mort n’est pas du tout perçue de la même façon que chez nous, même si nous nous sentons un peu genés par cette invitation.

Le cercueil est posé sur le sol poussiereux, à l’extérieur de la maison du défunt. Des dames sont assises à côté, et pleurent en silence. 3 hommes marchent autour du cercueil en tapant sur des tambours, des cylindres métalliques ou même un bidon, en rythme, les hommes de la famille se relairont toute la nuit pour que l’âme du grand père soit accompagnée par des mélodies jusqu’au moment où il sera enterré. Tout autour, les villageois sont assis, sur le sol, fument leur pipe et boivent du whisky lao, ou lao lao, de l’alcool de riz gluant.

Une ambiance solennelle règne mais on ne ressent pas de tristesse, simplement un sentiment de devoir tout accomplir pour que l’âme du patriarche parte en paix. On reste un moment à observer la cérémonie aux côtés des locaux puis nous les quittons pour aller​ nous coucher dans notre cabane sur pilotis, au dessus des cochons…!

Une fin de journée pleine​ d’authenticité qu’on est très reconnaissants d’avoir eu la​ chance de vivre.

Le lendemain, nous prenons un petit déjeuner très copieux, trois sandwichs et du bon café local chacun. Le café que nous avions torréfié la veille et que nous avons moulu au pilon, qui a ensuite été filtré par un filtre en bambou et servi dans des tasses en bambou…! Puis Captain Hook nous emmène visiter sa plantation.

Ce fut une visite passionante pendant laquelle il nous a expliqué tout des plantes qui nous entourent, nous a parlé du café, de sa culture et de ses origines. Il nous a raconté aussi les coutumes et les traditions de son village, les croyances des​ villageois et nous a montré comment manger​ des fourmis rouges, ou fabriquer des jouets avec les plantes. Comme des enfants, nous nous sommes prétés au jeu avec fascination !

Les Katu font partie de la vingtaine d’ethnies qui peuplent le plateau des Bolavens. Ils vivent en communauté dans des villages de maisons de bois, où chaque famille vit dans une seule maison. Une maison peut accueillir jusqu’à 70 membres !

Cette ethnie a conservé ses croyances animistes, ils croient en des esprits mauvais ou bons.

Dans le village de Captain Hook, hommes femmes et enfants fument la pipe : il se raconte qu’il y a longtemps, une famille Katu par an devait sacrifier un de ses membres pour éloigner les mauvais esprits. Un jour, un vieillard sans le sous rejeté de son village, cherchait un autre village pour l’accueillir. Tous les villages alentours l’avaient refusés mais la famille qui devait sacrifier leur fille cette année​ la accepta de l’accueillir puis de le sacrifier aux esprits à la place de leur fille. Le vieillard se plia a leur demande mais émis le souhait de fumer la pipe pendant le sacrifice. Lorsque les esprits vinrent le chercher, ils virent toute la fumée s’échapper de lui et prirent peur, à la suite de quoi ils ne revinrent plus ! Il est donc de croyance commune que fumer dès le premier âge fait fuir les mauvais esprits. Captain Hook a tout de même mentionné que fumer éloigne aussi les moustiques…
Les femmes katu doivent accoucher dans la forêt, accompagnée d’une autre femme, et y rester 7 jours au total. Les noms des bébés sont donnés par le biais d’un rêve d’un des membres de la famille. Si personne ne fait de rêve ou ne parvient à l’interpreter, le chaman du village le fera.

Le chaman guérit par ailleurs tous les maux des villageois, par des rituels.
Les villageois katu pensent que la Terre est plate et que si nous sommes blancs ce n’est pas parce que nos ancêtres ont vu moins de soleil puisqu’il est le même partout mais que nous buvons beaucoup de lait. Notre nez est plus long car nous mangeons beaucoup de pain. La couleur de nos yeux dépend de la couleur des sodas que nous buvons. Gabrielle mange donc beaucoup, beaucoup de pain, boit beaucoup de lait et de soda vert (diabolo menthe ?!).

Lorsqu’un habitant du village meurt de maladie ou de vieillesse, il a droit a une cérémonie comme nous avons vue où un buffalo est sacrifié dans la maison et où la famille accompagne l’âme jusqu’au​ petit matin.

Si la personne meurt par accident, la famille doit se retirer et aller vivre dans la jungle durant 5 ans, pour que les mauvais esprits dont ils sont frappés ne restent pas dans le village. Ils devront donc survivre dans la jungle avec les connaissances qu’ils en ont.

Toutes ces explications sur le mode de vie des Katu dans ce village nous ont vraiment impressionnées, c’est incroyable de se rendre compte que de telles pratiques culturelles aient pu être conservées malgré la mondialisation et les progrès technologiques.

Pour nous, ce séjour a été une immersion totale, hors du temps, à des millénaires de notre vie française. Et c’est exactement pour cette raison qu’on voyage, on a vraiment adoré !

Infos et bons plans:

– Nous avons payé la nuit chez Mr Hook 50 000 kips (6eur) chacun, avec repas du soir et petit déjeuner inclus. Le café coûte 10 000 kips (1,2eur), la visite 15 000 kips (1,9eur), et l’entrée au village 5000kips.

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