Kampong Khleang – vivre à 10m de hauteur

Après notre séjour détente, fête, visite et copains à Siem Reap, on enfourche la moto pour une virée de 11 jours, avec l’objectif de rejoindre Vientiane au Laos pour retrouver nos copains venus de France.

On est bien contents de sortir des sentiers touristiques et de pouvoir aller découvrir les endroits éloignés de la campagne cambodgienne. La moto nous offre une liberté et une nouvelle façon de voyager, encore plus de contact avec la population locale, mais aussi la possibilité de nous rendre dans des petits coins auxquels on a difficilement accès habituellement. 

Le premier jour, nous partons de Siem Reap avec la moto, en avant pour l’aventure…! Nous avons envie d’aller voir un village sur pilotis au bord du lac Tonlé Sap, une étendue d’eau très importante au Cambodge et aussi très étonnante: ce lac qui n’est autre que le plus grand d’Asie, se remplit par le trop plein des rivières en saison des pluies et lors de la fonte des neiges de l’Himalaya, puis se vide dans le Mékong après la saison des pluies. Ce système hydraulique est unique au monde ! Le Tonle Sap est d’une importance capitale au Cambodge car il représente une immense source de nourriture par le biais de la pèche mais aussi de l’agriculture. En saison sèche, il n’est profond que d’un mètre au minimum et s’étend sur à peine 2000km² environ alors qu’il peut monter jusqu’à 9m de profondeur lors de la mousson et atteindre 16000km². Les villages qui bordent le Tonle Sap sont donc impressionants à visiter en saison sèche car les maisons sur pilotis sont très très hautes ! Elles peuvent aller jusqu’à 10m de haut.Nous ne voulions pas aller visiter les villages près de Siem Reap car ils sont devenus très touritistiques (et même payants…), aucune envie de faire la visite d’un village zoo ! A la place, nous nous rendons à Kampong Khleng, à 40km de Siem Reap.

Kampong Khleang – village sur pilotis

A peine sortis de Siem Reap, les locaux nous saluent sur notre passage et nous font de grands sourires. On bifurque sur la droite, sur une piste ocre poussièreuse en direction du Tonle Sap. Rapidement, on voit des maisons surélevées, comme on en avait déja vu souvent en Asie, sauf qu’on voit immédiatement qu’elles sont beucoup plus hautes ! impressionnnant !

Les paysages sont magnifiques, entre la couleur de la piste qui constrate avec celle du ciel, et les villageois qui vivent leur vie à 10m du sol. On s’aperçoit vite de la pauvreté des villageois, qui vivent de la récup dans des maisons de bois, souvent entourés de détrituts.

Rapidement, on tombe sur des villageois regroupés avec musique à fond, qui dansent, lancent du talc et s’arrosent avec des bassines d’eau. Ils nous voient arriver et se jettent sur nous, nous mouillent et nous appliquent du talc, nous invitent à descendre de la moto pour venir danser avec eux.
On s’execute et on fait le plein de toute cette bonne humeur et ces sourires, on danse à leurs cotés comme depuis 3 jours, on joue avec les enfants et ils defilent devant l’appareil photo en se marrant. Un moment de bonheur, de vie simple dans un village au fin fond du cambodge.

Au bout d’un moment, ils ont assez dansé avec nous, alors ils nous congédient, et on repart sur notre moto, pour aller un peu plus loin vers le Tonle Sap.

L’eau est très basse et parfois même loin des maisons, on aperçoit des cultures entre la route et l’eau stagnante.. A certains endroits, des restaurants ou des magasins sont construits en dur au niveau du sol, on se demande ce que deviennent tous ces batiments lorsque le niveau de l’eau augmente ! On avait déja vu des villages flottants sur le lac Inlé, et toute la vie quotidienne sur l’eau, on roule donc entre les pilotis des maisons en imaginant de quelle capacité d’adaptation sont capables ces villageois !

Un peu plus loin, un autre groupe danse avec les watts à fond, on se demande comment ils ne sont pas encore sourds ! Le délirant contraste entre un village du bout du monde où les gens ne vivent avec rien, à partir de leur culture et de ce que leur fournit le lac, mais où la musique retentit plus fort qu’en boite de nuit, depuis des baffles ou on pourrait loger 3 enfants qui coutent aussi cher que l’ensemble du village…!

De nouveau, on descend de la moto et on se laisse grimper dessus par les enfants surexcités, observés par les plus timides qui se lancent le challenge de nous adresser un « sus dei » à demi mot.  On danse et on chante, on boit un ou deux verre de bière cul sec, comme c’est la tradition ici. Il fait plus de 40degrès et on est étourdis par la chaleur et par cet accueil euphorique, par tant de bonheur !

Alors qu’on quitte ces villages saisissants, par leur beauté, leur poussière, leur mode de vie haut perché, simple, leurs habitants aux grands sourires auxquel il manque quelques dents, on se fait asperger une derniere fois par une bande de jeune et c’est à ce moment precis que le téléphone de Gabrielle, qui vaut 10 fois le salaire moyen d’un cambodgien, a dû se dire qu’il voulait rester là, dans ce village du fin fond du Cambodge, et qu’il a sauté de sa poche. Lorsqu’on est retourné en arrière moins d’une minute après pour aller le récupérer, il avait disparu !
C’est donc délesté d’un téléphone que nous continuons notre route, vers le Sud…!

Un peu avant la nuit, nous nous arrêtons dans un village près de la ville de Kampong Thom, on avait lu dans le guide qu’il était possible d’y dormir en homestay et que l’intéret de ce village résidait dans la présence d’un ensemble de temples pré angkoriens: Sambor Prei Kuk. On s’arrête donc chez quelqu’un pour demander oú nous pourrions dormir.

De fil en aiguille on se retrouve chez une famille qui possède une grande maison mais qui n’habite que le bas. Le père dort même parfois dans les hamacs pendus aux poutres, comme c’est très très souvent le cas au Cambodge. Nous sommes dans une sorte de centre d’accueil pour les enfants après l’école, pour les aider à faire leurs devoirs et apprendre l’anglais.

Nous rencontrons le père de famille, qui est en fait guide des temples voisins et qui agit beaucoup pour la communauté et les enfants. Nous passons la soirée à discuter avec lui, il nous apprend plein de choses sur la culture Khmer, l’histoire des temples de Sambor Prei Kuk mais aussi sur la culture du riz (hyper compliquée d’ailleurs !!)

Nous sommes enchantés d’être tombés au hasard de notre chemin sur une personnalité comme la sienne…

Sambor Prei Kuk – les briques qui tenaient sans ciment

Le lendemain, on est debout de bonne heure (oui oui, nous !), pour aller visiter les temples avant de reprendre la route vers le Sud. La visite du site est très intéressante et le père de famille a aiguisé notre curiosité, en nous disant que les spécialistes ne sont pas parvenu à identifier comment les briques de ces temples qui datent du 7ème siècle tiennent entre elles. Et en effet, on ne voit pas de trace de matière entre les briques, ou alors vraiment très fine. Les temples sont pour la plupart en ruines mais certains détails sont encore très bien conservés !

Ici et là, la nature a repris ses droits, les racines des arbres recouvrent les murs, de l’herbe et des fleurs poussent entre les briques, on est dans un lieu mystique entouré de forêt avec d’immenses arbres aux racines impressionnantes. On s’amuse même à y grimper…!

 Bon, pour le nouvel an khmer, les fétards qui ont investi ces lieux de culte ont laissé beaucoup, beaucoup de traces… Le sol est jonché de détrituts et surtout de plastique… On est, comme d’habitude, impressionés par le peu d’attention porté à la gestion des détrituts !

Après cette petite escale culturelle, c’est reparti pour 4h de route vers une ville au bord du Mékong qui nous fait de l’oeil: Kampong Cham.

Infos et bons plans:

– Kampong Khleang se trouve à environ 40km de Siem Reap, l’aller retour en tuktuk pour s’y rendre coute environ 30$. En moto, la route est poussiereuse mais ne pose pas de problème.

– A Kampong Thom, prenez en direction des temples de Sambor Prei Kuk, les homestay sont indiqués sur Maps.me mais sinon vous pouvez demander à n’importe qui dans la rue, tout le monde connait quelqu’un pret à héberger des touristes. Nous avons payé 5$ la nuit à deux (pas de repas du soir car nous sommes arrivés tard et pendant le nouvel an Khmer). Nous n’avons pas payé la visite des temples, non pas que nous ayons truandé, mais nous n’avons pas su où payer, personne ne nous a rien dit. Appremment c’est 2$ habituellement.

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